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Panache Ventures : la passion des startups

Mike Cegelski, associé directeur, Panache Ventures
Photo de profil de Mike Cegelski, associé directeur de Panache Ventures, prise dans les locaux de l’Espace CDPQ

Se décrivant comme le fonds de capital de risque d’amorçage le plus actif au Canada, Panache Ventures est aussi l’une des rares entreprises, à son stade d’investissement, à avoir une présence d’un océan à l’autre.

Si vous lancez une startup au Canada et êtes à la recherche d’investisseurs pour amorcer votre croissance, il y a de fortes chances que vous ayez entendu parler de Panache Ventures. « Sinon, c’est que tu n’as pas fait tes devoirs ! »

Celui qui s’exprime ainsi est Mike Cegelski, associé directeur du bureau de Montréal et l’un des fondateurs de Panache Ventures, avec Patrick Lor, qui dirige le bureau de Calgary. C’est que Panache, en effet, est unique à plusieurs égards dans le marché du capital de risque. D’abord par sa couverture des trois grands marchés canadiens : le centre, où on retrouve jusqu’à 45 % des startups ; l’ouest, avec 15 à 20 % ; et l’est, avec environ 30 % – sans compter le marché hors Canada, où la firme peut investir à l’occasion. Mais Panache est aussi particulière en ce qu’elle se concentre exclusivement sur les stades de préamorçage et d’amorçage.

Small is beautiful

Pour une firme émergente d’investissement en capital de risque, explique Mike Cegelski, c’est une tendance naturelle de débuter avec le préamorçage ou l’amorçage, puis de ‘monter dans la chaîne de valeur’ et de passer aux séries A à C. Chez Panache, nous avons choisi de rester dans le marché des premiers stades d’investissement, qui est un peu le marché des ‘petits chèques’ et qui est souvent délaissé après quelques itérations d’un fonds. Notre rôle, c’est d’amener nos entreprises à l’étape où elles seront prêtes pour la ronde A. À ce moment, règle générale, nous sortirons parce que notre capacité d’avoir un impact ne sera plus aussi grande. Ultimement, nous voulons être reconnus comme la référence canadienne en capital de risque d’amorçage. 

Au moment où ces lignes sont écrites, Panache Ventures gère un premier fonds totalisant 58 millions $, soit 18 millions de plus que son objectif initial. Le fonds est investi dans environ 75 startups à ce jour. « Nous appliquons le principe de la diversification sélective : nous considérons de 1 000 à 1 200 entreprises par année, avec comme objectif d’investir dans au plus 30 des meilleures startups annuellement. À terme, le fonds aura de 90 à 100 entreprises dans son portefeuille. »

Les fondateurs d’abord

Lui-même entrepreneur expérimenté – il a fondé puis revendu, dans le passé, des firmes comme Beltron Technologies et iBwave Solutions – Mike estime qu’un investissement dans une startup est d’abord un pari éclairé sur ses fondateurs. « Bien sûr, nous avons des critères comme le fait que le produit soit prêt à être commercialisé, que le product-market fit soit démontré et qu’il y ait une confirmation d’intérêt dans le marché. Nous nous assurons aussi d’obtenir une validation par des experts dans le domaine où œuvre la compagnie. Mais à la fin, le plus important, ce sont les fondateurs parce que l’entreprise elle-même n’a pas d’historique. Si nous ne croyons pas dans l’équipe, nous n’investirons pas. En revanche, si nous avons confiance dans l’équipe, nous pourrions investir même si son concept ne nous semble pas parfait parce que nous savons que, de toute façon, un grand nombre de startups effectueront un pivot après quelques années. L’important, c’est que l’équipe puisse s’adapter rapidement aux demandes du marché. »

Alors que d’autres investisseurs en capital de risque s’impliquent activement dans leurs entreprises en portefeuille, Panache a une approche qu’elle décrit comme hands-if, ce que l’on pourrait traduire par « appelle-moi au besoin ».   « Notre rôle n’est pas de diriger les entreprises, mais de les amener à la ronde A. Nous ne demandons pas à être sur les conseils d’administration ni sur les comités consultatifs. Avec la taille de notre portefeuille, nous ne suffirions pas à la tâche. En revanche, nous nous assurons que nos co-investisseurs ou nos partenaires nous y représentent. »

La théorie des grands nombres

À cet égard, il faut souligner que Panache Ventures effectue la totalité de ses placements en mode co-investissement, soit avec des « partenaires anges investisseurs » soit avec d’autres fonds dans les mêmes créneaux, ce qui lui permet à la fois de valider son analyse à partir de l’angle du partenaire et de partager le risque. Typiquement, une première ronde de préamorçage représentera un investissement total de 500 000 $ à quelque 1,5 million $. La part de Panache se situera entre 250 000 $ et 500 000 $, le reste étant partagé entre deux ou trois co-investisseurs.

Mike Cegelski, qui a une formation en mathématique-informatique, explique que la thèse d’investissement que s’est donnée Panache repose en quelque sorte sur la théorie des grands nombres. « Nous savons que, sur 100 entreprises en préamorçage ou amorçage, près de la moitié, malheureusement, échoueront et 30% à 35 % ne feront que nous retourner le capital investi. En revanche, un bon 15 % pourront rapporter de trois à quatre fois notre mise, et nous permettront d’obtenir un taux de rendement interne impressionnant. Et c’est pour ça que nous n’investissons que dans des startups dont nous pensons que leur potentiel est massif à l’international.

Au fond, nous sommes des chasseurs de licornes. »

 

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Derrière les chiffres

 

Des goûts musicaux ancrés dans les années 1970.
Des goûts musicaux ancrés dans les années 1970.

Ce que Mike aime le plus dans son métier
« Redonner. Comme j’ai été entrepreneur, je peux aider les plus jeunes à ne pas commettre les erreurs que j’ai commises, faute d’avoir consulté les bonnes personnes. Je sens que j’apporte beaucoup de valeur. »

Ce qu’il aime le moins dans son métier
« Faire des rondes de financement. Le fundraising c’est tough. Je n’avais jamais quêté d’argent de ma vie, avant de gérer un fonds en capital de risque. »

Une figure inspirante
« Bill Gates – un grand entrepreneur et philanthrope. Et aussi sir David Attenborough – un grand journaliste et environnementaliste. »

Sur sa table de chevet
« Je ne suis pas très porté sur les romans. Par contre, je lis beaucoup sur l’entrepreneuriat. Et surtout je lis tout ce qui s’écrit comme articles sur le sujet. »

La série qu’il a le plus aimée
« À la maison, on regarde trois à quatre séries par année. On a bien aimé Black List, entre autres. En plus des séries documentaires, je suis un gros fan de science-fiction, mais ce goût n’est pas partagé par ma femme ! »

La playlist qu’il écoute présentement
« Je suis resté ‘jammé’ dans les années 1970. Je n’ai pas évolué… Donnez-moi du Pink Floyd ou du Genesis. »

 

ENVIE D’EN SAVOIR PLUS ?

Visitez le site Web de Panache Ventures.