Retour

White Star Capital : À la conquête de l'international

Désormais, les entrepreneurs innovants ne doivent pas seulement penser en dehors du cadre : ils doivent regarder par-delà les frontières. Et des firmes comme White Star Capital sont là pour leur ouvrir les portes de l’international.

À une époque pas si lointaine, les principaux fonds de capital de risque accessibles aux entrepreneurs innovateurs étaient à vocation nationale, voire régionale. En 2013, trois partenaires financiers y ont vu l’occasion d’apporter une valeur ajoutée à l’offre existante, en créant une toute nouvelle entreprise : White Star Capital.

Dès sa fondation, la firme se structure autour de trois équipes d’investissement, basées à New York, Londres et Montréal. Jean-François Marcoux est l’un des associés à l’origine de la firme. « Nous avons voulu créer, explique-t-il, un fonds que nous considérions comme ‘transatlantique’, en connectant les marchés de l’Amérique du Nord et de l’Europe. Notre vision était de cibler des écosystèmes technologiques émergents, dans des marchés où ils étaient moins bien servis en capital de risque que dans la Silicon Valley, par exemple. »

Aujourd’hui, White Star Capital est présente également à Paris, à Tokyo et à Hong Kong

Des entrepreneurs d’abord

Il faut dire que les partenaires de White Star avaient eux-mêmes développé une expertise concrète en matière d’internationalisation.

Ainsi, avant de cofonder White Star, Jean-François Marcoux avait aussi cofondé la firme de jeux vidéo montréalaise Ludia, vendue depuis à FremantleMedia. « Dès la première semaine de Ludia, nous nous étions assurés d’être une entreprise internationale. Nous sommes rapidement allés chercher des joueurs et des partenaires dont la distribution géographique était impressionnante : Asie, Europe, Amérique du Nord. Les joueurs canadiens ne comptaient que pour 3 % de nos revenus ! C’est le principal facteur qui explique que notre petite entreprise soit rapidement devenue un succès. »

En fait, les associés de Ludia venaient de déployer exactement le même plan d’affaires qui guide aujourd’hui White Star dans son approche des entreprises innovantes.

Un risque calculé

White Star Capital, qui compte actuellement plus de 20 employés, a lancé en 2017 un nouveau fonds de capital de risque de 230 millions de dollars, dont le quart est investi au Canada. Ce dernier compte une quinzaine d’entreprises en portefeuille – ce qui est considéré comme relativement peu et permet à l’équipe de s’investir davantage auprès des entreprises.

Jean-Francois MarcouxLe fonds cible des entreprises développant des technologies ou des modèles d’affaires « disruptifs », dans une variété de secteurs : fintech, intelligence artificielle, internet des objets, santé, robotique, mobilité, industrie 4.0, et autres. Et, bien que la prise de risque soit généralement très importante, son processus d’investissement est très rigoureux.

 

« Nous ne serons pas nécessairement présents dans la phase d’amorçage d’une entreprise, précise Jean-François Marcoux, mais plutôt à l’étape des séries A à C, où les besoins en capital sont de l’ordre de trois à dix millions de dollars. Nous appliquons une dizaine de critères avant d’envisager un investissement, à commencer par le potentiel international de la compagnie. Nous nous assurons aussi d’identifier la façon dont nous pouvons aider la firme au-delà du capital, et nous évaluons la capacité de cet investissement à générer le rendement que nous recherchons, sur un horizon de cinq à huit ans. »

Des succès éloquents

Depuis sa création, White Star Capital a contribué au succès de plusieurs entreprises innovantes, au Québec comme dans ses autres marchés.

« Nous nous engageons d’assez près dans la gestion de nos entreprises en portefeuille, explique Jean-François Marcoux, mais nous leur apportons surtout notre réseau international pour développer leur distribution. Nous avons notamment développé un pôle asiatique, en commençant avec le Japon et la Corée du Sud. Aujourd’hui, l’une des plus importantes banques japonaises, l’une des plus grandes firmes d’experts-comptables au Japon, le plus important assureur coréen et le fonds souverain de la Corée du Sud sont tous des investisseurs dans White Star Capital. »

L’associé de White Star aime citer l’histoire de la firme montréalaise Mnubo, un développeur de solutions de pointe en analyse des données, qui a réussi à percer le marché japonais entre autres grâce à la présence de White Star en Asie. Mnubo a désormais un bureau à Tokyo et elle tire déjà 30 % de son chiffre d’affaires du Japon. En juillet 2019, Mnubo a été acquise par le leader mondial Aspen Technology

Le réseau : la clef de tout le système

Pour identifier ses cibles d’investissement, White Star Capital procède selon trois principaux modes opératoires.

Le premier consiste à se doter de thèses d’investissement, à partir des recherches de ses analystes financiers. C’est le volet macroéconomique « descendant » du processus. La deuxième source d’idées d’investissement vient du réseau d’investisseurs de la firme, qui est lui-même un vaste réservoir d’opportunités. Et la troisième source est celle des entreprises dans lesquelles la firme a déjà investi.

« Nous sommes dans un marché où le flot d’occasions est assez constant. Le défi, pour nous, est de bien identifier celles qui répondent à nos objectifs d’investissement. »

L’Espace CDPQ : un modèle qui a fait ses preuves

Lorsque White Star a été invitée à se joindre à l’Espace CDPQ, la proposition a semblé toute naturelle.

« Partout où nous sommes dans le monde, le modèle des espaces partagés est omniprésent. Cela augmente la fréquence des interactions avec des co-investisseurs potentiels et facilite la syndication des rondes de financement. En outre, croiser au quotidien des firmes de capital de risque qui sont à la fois nos partenaires et nos concurrents permet à tout le monde de se connaître et de travailler en confiance.

Et au bout du compte, tout cela profite à nos entreprises en portefeuille. »

 

Derrière les chiffres

 

Homo Deus


Homo Deus, du professeur Yuval Noah Harari, est une lecture fascinante qui permet de mieux imaginer et comprendre l’avenir, estime Jean-François Marcoux.

 

Ce que Jean-François Marcoux aime le plus dans son métier

« Rencontrer des entrepreneurs qui ont des idées innovantes et très ambitieuses. Ce sont des gens qui imaginent des réalités qui n’existent pas – et qui sont beaucoup plus intelligents que moi ! C’est ce que j’adore dans mon travail. »

Ce qu’il aime le moins dans son métier

« La pression de devoir constamment « lever » de nouveaux fonds pour poursuivre. C’est un processus que j’aime beaucoup mais, en même temps, c’est très exigeant : ça implique beaucoup de déplacements, et les investisseurs ont des attentes très différentes selon les marchés. Il faut concilier tout cela. »

Une figure inspirante

« Mes modèles ne sont pas des personnes, mais des fonds de capital de risque. Je pense notamment à Insight Partners, qui a une approche très disciplinée, à l’encontre de l’image aventureuse qu’on se fait parfois du capital de risque. Ça nous ressemble, chez White Star. »

Sur sa table de chevet

« Homo Deus, de Yuval Noah Harari. L’auteur se penche sur les trois défis les plus importants qui attendent l’humanité, notamment la prolongation de l’espérance de vie et ses implications. C’est un chef-d’œuvre ! Vraiment, je vous le recommande. »

La série qu’il a le plus aimée

« Fauda, une télésérie Netflix sur le conflit israélo-palestinien. Très bon aussi : Big Little Lies. Je viens de commencer la deuxième saison, qui est excellente même si, apparemment, Jean-Marc Vallée est moins engagé dans la réalisation. Également, tous les thèmes médiévaux, notamment Vikings et Game of Thrones, bien sûr. »

La playlist qu’il écoute présentement

« J’ai trois jeunes enfants qui alimentent mes habitudes d’écoute… »