Inovia Capital : la firme aux 100 fondateurs | Espace CDPQ
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Inovia Capital : la firme aux 100 fondateurs

Magaly Charbonneau
Magaly Charbonneau, associée, Inovia Capital.

Dans le monde du capital de risque au Canada, un nom revient constamment dans la conversation : Inovia Capital. Peut-être parce que la firme a ouvert le chemin dans les années 2000 ? Ou encore parce qu’elle compte plus de 100 fondateurs ? Explication.

Lorsqu’on parcourt le site web d’Inovia Capital, on est d’abord impressionné par le nombre d’entreprises en portefeuille qui sont des preuves vivantes de l’importance du capital de risque au Canada. La deuxième chose que l’on remarque est cependant à la rubrique « fondateurs », où on tombe sur une liste d’une centaine de personnes.

« C’est évidemment la liste des fondateurs d’entreprises dans lesquelles nous avons investi. Pour nous, ils constituent la grande famille Inovia parce que notre réussite ne peut exister qu’à travers eux », explique Magaly Charbonneau, qui s’est jointe à l’équipe d’Inovia en 2017 et est devenue associée en 2019. Auparavant, Magaly Charbonneau avait elle-même investi et agi comme chef de l’exploitation dans des entreprises qui sont devenues des succès, notamment PasswordBox, vendue quelques années plus tard au géant Intel. « Notre vision était que notre application se retrouve dans plus de 100 millions d’ordinateurs sur la planète. C’est ce qui s’est produit. Une belle histoire. »

Du début à la fin

Cette ambition de construire le succès d’une entreprise du début jusqu’à son objectif ultime, Magaly Charbonneau la retrouve aussi chez Inovia. « Nous sommes de ce type d’investisseurs que l’on désigne par le terme ‘full stack’ en anglais. Cela signifie que nous investissons dès les phases d’amorçage et sommes en mesure de rester avec l’entrepreneur jusque dans sa phase de croissance, celle qui l’amènera possiblement à son entrée en Bourse. »

Cette approche « à tous les niveaux » est assez rare dans l’univers canadien du capital de risque. Elle ne peut cependant s’appliquer à toutes les entreprises. « En phase d’amorçage, nous étudions environ 1 500 dossiers chaque année, mais n’effectuons que huit à dix investissements. En phase de croissance, on envisage trois investissements par année pour l’ensemble de nos bureaux de Montréal, Toronto et Londres. À cette étape, la moitié sont des investissements dans des entreprises dont nous sommes déjà actionnaires et l’autre est constituée de nouvelles participations. Lorsque nous ne pouvons suivre une entreprise à la ronde suivante, nous l’aidons à trouver les investisseurs qui le feront. »

Le logiciel d’abord

Fondée en 2007, à une époque où le capital de risque était presque inexistant au Canada, Inovia Capital reste fidèle à sa mission d’origine : aider à bâtir des entreprises d’envergure mondiale qui auront leur siège social au Canada et créeront de la valeur et des emplois ici. « C’était dès le départ la vision des trois cofondateurs, Chris Arsenault, Shawn Abbott et François Gauvin : créer de la valeur ici – et la garder. »

Alors que le premier fonds Inovia visait les secteurs des technologies de l’information, des sciences de la santé et des technologies environnementales, dès 2010 l’entreprise a recentré son travail sur les technologies de l’information, ce qu’elle a concrétisé avec ses quatre fonds lancés subséquemment : un en 2011, un en 2015 et deux en 2018. « Nous sommes des investisseurs ‘software first’, explique Magaly Charbonneau, soulignant qu’à l’origine, au milieu des années 2000, bon nombre d’investisseurs doutaient même que l’on puisse ‘faire de la tech’ au Canada. »

Le temps, l’écosystème qui s’est mis en place avec d’autres firmes de capital de risque et quelques succès retentissants comme celui de Lightspeed, qui est entrée à la Bourse de New York en 2020, ont rapidement confondu les sceptiques.

Investir dans les gens

Aujourd’hui, Inovia a des bureaux à Montréal, Toronto, Calgary, Londres et dans la Silicon Valley. « C’est un choix stratégique, explique Magaly Charbonneau, pour ouvrir des réseaux à nos entreprises et leur permettre de se déployer sur le plan mondial. »

Agissant toujours en co-investissement, Inovia acquiert des participations minoritaires allant de 10 à 20 %. Elle occupe cependant toujours un siège au conseil d’administration de l’entreprise.

« Mais honnêtement, la vraie valeur de notre participation est davantage entre les réunions du conseil d’administration. Par exemple, nous aidons les fondateurs à bâtir leur équipe et nous les mettons en relation avec des experts dans les différents champs de compétences dont ils ont besoin. Au fond, c’est dans les gens que nous investissons en premier. »

De l’expérience pour comprendre

Les conditions difficiles auxquelles la COVID-19 a exposé les entreprises donnent une idée du type de soutien qu’Inovia assure à ses entreprises. Dès le mois de mars 2020, l’entreprise a mis sur pied un webinaire auquel étaient conviés tous les fondateurs de ses compagnies en portefeuille. L’événement était organisé à l’initiative de Patrick Pichette, ex-chef des finances de Google et maintenant associé chez Inovia, et de Scott Monro, conseiller en acquisitions chez Inovia. Outre des conseils sur les façons d’effectuer un pivot dans ces circonstances uniques, plusieurs ont appris avec surprise qu’ils devaient probablement s’assurer d’avoir des liquidités pour honorer leurs chèques de paie non pas quelques mois… mais jusqu’en décembre 2021 – soit près de deux ans plus tard. 

« Un jeune entrepreneur, explique Magaly Charbonneau, n’a probablement pas encore vécu un bouleversement de cette nature. Nous non plus ! Mais tous les associés de la firme ont connu des krachs et des récessions sévères ou encore ont vu des bulles éclater, et nous savons le temps que prend une ronde d’investissement. Nous sommes aussi là pour ouvrir des scénarios. Encadrer la réflexion. Et aider l’entrepreneur à franchir la prochaine étape – quelles que soient les circonstances. »

L’effet positif de cette initiative et de celles qui ont suivi a permis aux entreprises en portefeuille d'Inovia de se démarquer et, pour plusieurs, de devenir des chefs de file dans leur industrie en 2020.
 

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Derrière les chiffres


vélo intérieur


Ce que Magaly Charbonneau aime le plus dans son métier
« Rencontrer des entrepreneurs brillants, impressionnants, passionnés qui veulent créer un monde meilleur pour demain. »

Ce qu’elle aime le moins dans son métier
« Le stress de devoir prendre les bonnes décisions. Nos investisseurs attendent de bons rendements sur leurs placements, et c’est normal, alors il faut que ça fonctionne. La crainte, c’est toujours de passer à côté du prochain Lightspeed ou du prochain Shopify parce que quelque chose nous aurait échappé. »

Une figure inspirante
« Évidemment, tous les entrepreneurs de la tech qui ont changé le monde, comme Bill Gates, Steve Jobs, Marissa Mayer, Sheryl Sandberg ou Larry Page. Mais ce qui m'inspire plus encore, ce sont tous les gens de mon réseau qui travaillent avec respect, transparence, patience, humilité et honnêteté. Cette vérité humaine là est très inspirante. »

Sur sa table de chevet
« La récente autobiographie d’Obama. J’en ai reçu trois copies ! »

La série qu’elle a le plus aimée
The Undoing, un excellent suspense en six épisodes avec Nicole Kidman et Hugh Grant. On y retrouve aussi Donald Sutherland.

La playlist qu’elle écoute présentement
« Je suis une grande sportive alors je m’en remets aux playlists top-40 de Spotify pour l’entraînement sur mes appareils Peloton. Mais le vendredi soir, je me tourne vers le jazz avec un bon verre de vin – ça va ensemble. »

 

ENVIE D’EN SAVOIR PLUS ?

Visitez le site Web de Inovia Capital.